Vote des travaux d’isolation en AG de copropriété : majorité requise et procédure

Faire voter des travaux d’isolation en assemblée générale de copropriété, c’est souvent le premier obstacle à franchir avant de lancer une rénovation thermique. Pourtant, avec les bonnes informations, ce verrou devient un levier : savoir quelle majorité s’applique à votre projet, comment inscrire les travaux à l’ordre du jour et quelles aides mobiliser pour convaincre l’assemblée. Trois régimes de vote coexistent (articles 24, 25 et 26 de la loi du 10 juillet 1965) et le choix du bon régime conditionne directement la réussite de votre démarche.

Pourquoi le vote en AG est incontournable pour lancer des travaux

En copropriété, toute décision portant sur les parties communes doit être prise collectivement. C’est le principe fondateur de la loi du 10 juillet 1965 : le syndicat des copropriétaires est seul habilité à décider, en assemblée générale, des travaux affectant les parties communes ou l’aspect extérieur de l’immeuble.

Le fonds travaux, rendu obligatoire par la loi Alur depuis 2017, illustre cette logique collective : chaque copropriété doit alimenter une épargne commune, dont le montant est voté en AG, destinée à financer les travaux futurs. Son existence ne dispense pas du vote au moment de lancer les chantiers — il en facilite simplement le financement.

À retenir

L’assemblée générale n’est pas une formalité administrative. C’est le moment où votre projet de rénovation thermique se concrétise ou se bloque. Bien la préparer, avec un dossier solide, des devis RGE et une présentation des aides disponibles, est une condition sine qua non du succès.

Travaux sur parties communes vs parties privatives : la distinction essentielle

Tous les travaux ne sont pas soumis au vote en AG. La ligne de partage est claire :

  • Parties privatives (l’intérieur de votre appartement) : vous pouvez isoler vos murs par l’intérieur ou changer vos menuiseries côté intérieur sans vote. C’est votre prérogative exclusive en tant que copropriétaire.
  • Parties communes (toiture, façades, murs porteurs, chauffage collectif) : tout travail — même à l’initiative d’un seul copropriétaire — nécessite une décision en AG.

Les travaux d’isolation thermique les plus efficaces, comme l’isolation par l’extérieur des murs ou la réfection de toiture, concernent systématiquement les parties communes. Ils ne peuvent donc pas être décidés individuellement.

Les trois régimes de majorité pour voter des travaux en copropriété

La loi du 10 juillet 1965 définit trois niveaux de majorité en fonction de la nature des travaux. Chacun correspond à un degré d’engagement collectif différent. Comprendre ces régimes, c’est anticiper ce qu’il vous faudra convaincre lors de votre prochaine AG.

La majorité simple (article 24) : pour les travaux d’entretien courant

La majorité de l’article 24 est la plus accessible : elle correspond à la majorité des voix exprimées par les copropriétaires présents ou représentés à l’assemblée. Les abstentions et les absents ne sont pas comptabilisés dans le calcul.

Elle s’applique aux travaux d’entretien courant et de conservation de l’immeuble : réparations ponctuelles de la toiture, ravalement décidé à la suite d’une mise en demeure de l’administration, entretien des équipements collectifs. En pratique, si la moitié des voix exprimées est favorable, la résolution est adoptée.

La majorité absolue (article 25) : pour les travaux d’amélioration

C’est le régime qui s’applique à la plupart des travaux d’isolation thermique en copropriété. La majorité de l’article 25 exige la majorité de l’ensemble des voix de tous les copropriétaires, qu’ils soient présents, représentés ou absents à l’AG. Le seuil est donc plus exigeant qu’à l’article 24.

Entrent dans ce régime : l’isolation thermique par l’extérieur (ITE), le remplacement de la chaudière collective, l’installation d’une pompe à chaleur sur les parties communes, ou tout autre travaux améliorant sensiblement la performance énergétique de l’immeuble.

Point clé : la passerelle de l’article 25-1

Si la résolution recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité absolue, une deuxième mise aux voix peut être organisée lors de la même AG ou d’une AG convoquée dans les 3 mois suivants. La majorité de l’article 24 (voix exprimées) s’applique alors. Ce mécanisme évite de perdre un vote proche du seuil et accélère considérablement la prise de décision.

La double majorité (article 26) et l’unanimité : les cas exceptionnels

La double majorité de l’article 26 est requise pour les décisions les plus structurantes. Elle exige à la fois la majorité des copropriétaires en nombre ET les deux tiers des voix de l’ensemble du syndicat. Elle concerne les travaux affectant la destination de l’immeuble ou ses modalités de jouissance.

L’unanimité reste réservée aux situations où des travaux privatifs empiètent sur les parties communes, ou lorsque la décision touche à la jouissance de parties communes réservées à certains copropriétaires spécifiques. Ces cas sont rares dans le cadre d’un projet de rénovation thermique.

Le tableau suivant synthétise les trois régimes de majorité applicables aux travaux en copropriété :

RégimeArticleSeuil requisExemples de travauxCas particuliers
Majorité simpleArt. 24Voix exprimées (présents + représentés)Entretien toiture, ravalement obligatoire, petits travaux collectifsVote unique en AG
Majorité absolueArt. 25Majorité de TOUS les copropriétairesIsolation thermique ext. (ITE), PAC collective, remplacement chaudièrePasserelle art. 25-1 si 1/3 des voix atteint
Double majoritéArt. 26Majorité des copro. (nombre) + 2/3 des voixTravaux modifiant la destination de l’immeubleCas exceptionnel
UnanimitéN/A100 % des voixTravaux privatifs empiétant sur parties communesTrès rare

Comment inscrire des travaux à l’ordre du jour de l’AG

La décision de rénover ne commence pas le jour du vote : elle se prépare en amont, lors de la constitution du dossier et de la demande d’inscription à l’ordre du jour. Voici la procédure à suivre pas à pas :

  1. Formuler la demande au syndic par courrier recommandé avec accusé de réception, en précisant la nature des travaux envisagés et en joignant les premiers devis obtenus. N’importe quel copropriétaire peut initier cette démarche.
  2. Respecter les délais légaux : la convocation à l’AG doit parvenir aux copropriétaires au moins 21 jours avant la séance, accompagnée des documents annexes dont les devis et les diagnostics pertinents.
  3. Joindre les justificatifs techniques : pour les travaux d’isolation, un audit énergétique collectif ou un DPE collectif récent renforce considérablement la crédibilité du dossier auprès de l’assemblée.
  4. Fournir plusieurs devis comparatifs : au-delà d’un seuil fixé par le règlement de copropriété (souvent 3 000 à 5 000 euros), la présentation de plusieurs devis est obligatoire pour informer utilement les copropriétaires.
  5. Préparer une synthèse financière : quantifier les gains énergétiques attendus, détailler les aides mobilisables et estimer l’impact sur les charges individuelles. Un copropriétaire bien informé vote plus facilement.

Le rôle du syndic et les documents indispensables

Le syndic est le pivot administratif du processus : il inscrit la résolution à l’ordre du jour, assemble les documents justificatifs, rédige la convocation et supervise le dépouillement du vote. Son implication active est indispensable à la régularité de la procédure.

Pour les travaux d’isolation en copropriété, les documents les plus convaincants à joindre à la convocation sont : un DPE collectif récent, un audit énergétique détaillant les gains par lot, et des devis établis par une entreprise certifiée RGE. Ce dernier point conditionne directement l’éligibilité aux aides publiques.

Bon à savoir

PES Isolation intervient dès la phase de chiffrage pré-AG : fourniture des devis nécessaires à la convocation, présentation des économies projetées et identification des aides mobilisables. Un dossier structuré par un professionnel RGE transforme le vote en étape fluide plutôt qu’en frein.

Travaux d’isolation en copropriété : les aides financières disponibles

L’un des leviers les plus efficaces pour emporter un vote en AG consiste à démontrer que les travaux seront largement cofinancés par des aides publiques — réduisant ainsi significativement la participation financière de chaque copropriétaire. Les principales aides à l’isolation en copropriété sont les suivantes :

  • MaPrimeRénov’ Copropriété : subvention collective versée directement au syndicat, couvrant jusqu’à 45 % du montant des travaux (+ bonus de 10 % pour sortie de passoire thermique). Conditions : immeuble construit avant 1990, gain énergétique d’au moins 35 %.
  • Certificats d’Économies d’Énergie (CEE) : prime versée par les fournisseurs d’énergie pour des travaux éligibles. Cumulable avec MaPrimeRénov’.
  • Éco-prêt à taux zéro collectif : financement du reste à charge sans intérêts, jusqu’à 50 000 euros par logement selon la nature des travaux réalisés.
  • TVA à 5,5 % : applicable sur les travaux de rénovation énergétique réalisés par un professionnel RGE, quelle que soit la zone géographique.

MaPrimeRénov’ Copropriété : le dispositif phare

Depuis 2021, MaPrimeRénov’ Copropriété est le mécanisme central pour financer la rénovation thermique des immeubles collectifs. Le dossier est déposé par le syndic pour le compte du syndicat des copropriétaires, après vote favorable en AG.

Conditions d’éligibilité : immeuble d’au moins 75 % d’usage résidentiel, construit avant 1990, avec un gain énergétique d’au moins 35 % attesté par un audit. Le taux de base est de 30 % du montant des travaux éligibles, avec une majoration possible selon le profil socio-économique des copropriétaires. Un bonus de 10 % est accordé si l’immeuble atteint la classe E ou mieux à l’issue des travaux.

En pratique, présenter ces chiffres lors de l’AG transforme la perception du projet : il ne s’agit plus d’une dépense, mais d’un investissement largement subventionné qui valorise le patrimoine de chaque copropriétaire.

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PES Isolation accompagne les syndicats de copropriétaires en Île-de-France, de la phase de chiffrage pré-AG jusqu’à la réception des travaux. Entreprise certifiée RGE, devis gratuit sous 48h. Plus de 96 % de clients satisfaits.

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FAQ — Vos questions sur le vote des travaux en copropriété

Peut-on réaliser des travaux en copropriété sans vote en AG ?

Non, pour tous les travaux affectant les parties communes. Seuls les travaux strictement privatifs — à l’intérieur d’un logement, sans impact sur les parties communes — peuvent être réalisés sans vote. Toute initiative unilatérale sur les parties communes expose le copropriétaire concerné à une remise en état à ses frais, voire à des poursuites judiciaires.

Qu’est-ce que la passerelle de l’article 25-1 ?

Si une résolution soumise à la majorité de l’article 25 recueille au moins un tiers des voix de tous les copropriétaires sans atteindre la majorité absolue, l’AG peut procéder immédiatement à un second vote selon la règle de l’article 24. Ce mécanisme évite de reconvoquer une nouvelle assemblée et accélère la prise de décision sur les projets de rénovation énergétique.

Que se passe-t-il si certains copropriétaires votent contre les travaux ?

Si la majorité requise est atteinte, les travaux peuvent être décidés malgré l’opposition d’une minorité. Les copropriétaires opposants restent tenus de participer au financement selon leurs tantièmes. Dans certains cas de travaux d’amélioration, les opposants peuvent demander une dispense de charges spécifiques, mais cette procédure est encadrée et reste exceptionnelle.

Quel est le délai entre le vote en AG et le début des travaux ?

Après l’adoption d’une résolution, un délai de deux mois est accordé aux copropriétaires opposants pour contester la décision en justice. À l’expiration de ce délai sans recours, le syndic peut lancer les démarches de chantier : signature des marchés, dépôt des dossiers d’aides, déclarations administratives. Comptez généralement entre 3 et 6 mois entre le vote et le démarrage effectif des travaux.

Comment inscrire des travaux d’isolation à l’ordre du jour ?

Envoyez une demande écrite au syndic par courrier recommandé, en décrivant les travaux envisagés et en joignant au moins un devis d’un professionnel RGE. Cette démarche peut être initiée par n’importe quel copropriétaire. Le syndic est tenu d’inscrire la résolution à l’ordre du jour de la prochaine AG.

Les travaux d’isolation en copropriété sont-ils éligibles à MaPrimeRénov’ ?

Oui, sous conditions. L’immeuble doit avoir été construit avant 1990, être composé d’au moins 75 % de logements, et les travaux doivent permettre un gain énergétique d’au moins 35 %. La subvention peut couvrir jusqu’à 45 % du montant des travaux. L’entreprise réalisatrice doit obligatoirement être certifiée RGE — une condition que PES Isolation satisfait pleinement.

Conclusion

Comprendre les règles de vote en AG de copropriété, c’est se donner les moyens de concrétiser un projet d’isolation thermique. Avec le bon régime de majorité identifié, un dossier solide et les aides disponibles mobilisées en amont, le vote devient une étape structurante plutôt qu’un frein. PES Isolation accompagne les copropriétés d’Île-de-France à chaque étape : audit énergétique, devis pré-AG, réalisation par des équipes certifiées RGE et garantie décennale 10 ans. Plus de 96 % de nos clients se déclarent satisfaits de notre accompagnement.

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